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Nous sommes devenus très compétents pour faire... Et si l'été était une invitation à réapprendre à être ?

  • 23 juin
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 juin


Il y a des moments dans la journée qui ressemblent à des refuges.



Moment de calme sur une terrasse au petit matin en été


Le matin avant le monde


J'ai toujours aimé les matins d'été.

 

Ces moments où la maison dort encore, où le monde n'attend rien de moi et où la journée n'a pas encore vraiment commencé. Les matins d'été ont une saveur particulière : la lumière dorée des premières heures, l'air encore frais, les bruits feutrés de la nature qui s'éveille lentement...

 

Assise sur la terrasse, un café entre les mains, le visage offert au soleil naissant, j'ai l'impression que le temps est suspendu. Pendant quelques minutes, il n'y a rien à organiser, rien à anticiper, rien à porter. Juste la douceur d’être là, avant que l’agitation du monde ne me rattrape.

 

Ces moments sont simples, presque insignifiants en apparence.

 

Pourtant, ils me rappellent quelque chose d'essentiel : nous passons souvent notre vie à attendre que les choses se calment, comme si la paix dépendait des circonstances extérieures.


Avec le temps, j’ai réalisé qu’elle dépend davantage de notre capacité à revenir à nous-même.



Profiter du calme du matin pour prendre du temps pour soi

Nous passons souvent notre vie à attendre que les choses se calment.

Et si la paix dépendait moins du silence autour de nous que de notre manière

de traverser le bruit ?



L'été, cette promesse de respiration


Chaque année, nous attendons l'été comme une respiration.

 

Les journées plus longues, la lumière qui s'étire jusque tard dans la soirée, le ralentissement annoncé des vacances. Nous rêvons d'espace, de repos et parfois même d'une forme de renaissance.

 

Le fameux : « Vivement cet été. »

 

Comme si quelques semaines inscrites dans le calendrier pouvaient résoudre ce que nous portons depuis des mois.

 

Pourtant, lorsque l'été arrive enfin, de nouvelles attentes prennent souvent la place des anciennes. Il faudrait profiter pleinement, voyager, voir ceux qu’on aime, créer des souvenirs, découvrir de nouveaux lieux, déconnecter, être heureux.

 

Sans même nous en rendre compte, les vacances deviennent un projet supplémentaire à réussir pour compenser tout ce qui a manqué pendant le reste de l'année.




Ce que les vacances ne peuvent pas réparer


Nous demandons souvent beaucoup à nos vacances. Sans doute davantage qu'elles ne peuvent réellement offrir. Quelques semaines de repos ne suffisent pas toujours à effacer le manque de sommeil accumulé, le stress chronique ou ces mois passés à faire passer nos besoins après tout le reste.

 

À force d'attendre tant de cette parenthèse estivale, nous finissons par lui demander l'impossible. Et lorsque la fatigue est encore présente à la fin du mois d'août, une forme de culpabilité s'installe. J'ai eu des vacances, je devrais me sentir reposée. Mais le repos n’est pas une performance ou un objectif à atteindre.



Le repos n'est pas une performance.



Quand ralentir devient difficile


Nous sommes devenus très compétents pour faire : organiser, produire, répondre, anticiper, optimiser : notre société valorise l'action, l'efficacité et la maîtrise. Nous avons appris à remplir nos journées et à résoudre les problèmes avec une efficacité remarquable.

 

Mais lorsque le rythme ralentit enfin, nous découvrons une difficulté inattendue : nous ne savons plus toujours comment nous arrêter.

 

Savons-nous encore contempler un paysage sans sortir notre téléphone ? Marcher sans objectif précis ? Nous asseoir quelques minutes sans chercher à être productifs ?

 

Le véritable repos commence peut-être moins lorsque nous avons enfin du temps que lorsque nous nous autorisons à le vivre pleinement.


Promenade estivale dans la nature invitant au ralentissement


Le corps finit toujours par nous rappeler à lui


Le corps accepte beaucoup. Bien davantage que nous ne l'imaginons.

 

Mais il finit toujours par demander à être entendu.

 

Ses messages sont souvent subtils : une fatigue qui persiste malgré le repos, une irritabilité inhabituelle, une difficulté à récupérer ou ce besoin croissant de solitude que nous peinons à nous accorder.

 

La peau fait aussi parfois partie de ces messagers silencieux.

 

L'été la soumet à de nombreuses agressions : soleil, chaleur, baignades répétées, climatisation, vent ou sel. Lorsqu'elle devient plus sèche, plus inconfortable ou plus réactive, nous avons tendance à chercher immédiatement une solution extérieure, alors que ces signes traduisent parfois un déséquilibre plus profond.

 

Pourtant, ces manifestations nous rappellent quelque chose de plus profond : prendre soin de soi ne consiste pas uniquement à corriger un inconfort. C'est apprendre à écouter ce que notre corps tente de nous dire avant qu'il ne soit obligé de parler plus fort.



Le corps murmure longtemps avant de devoir élever la voix.




Revenir à soi, quelques minutes à la fois


Pendant longtemps, j'ai cru que le repos viendrait plus tard, lorsque les choses seraient moins compliquées, lorsque j'aurais davantage de temps, lorsque les urgences du moment seraient derrière moi.

 

Avec le recul, je réalise que ce moment idéal n'existe pas vraiment. La vie reste mouvementée, les responsabilités se succèdent, les projets, les envies et les préoccupations ne disparaissent jamais complètement.

 

J'ai appris qu'il ne fallait pas attendre de se perdre pour revenir à soi.

 

Prendre soin de soi n'est pas un luxe que l'on s'accorde lorsque tout le reste est terminé. C'est une nécessité, une manière de rester en lien avec soi-même avant que la fatigue, le stress ou les exigences du quotidien ne prennent toute la place.

 

 

Ces gestes paraissent modestes. Ils sont pourtant une façon de revenir régulièrement à soi, avant que la vie ne nous en éloigne trop.


Prendre le temps de ressentir et de se reconnecter à l'instant présent


L'été n'est pas seulement une saison.

Il nous rappelle ce que nous oublions trop souvent pendant le reste de l'année.



Cet été...


Je te souhaite bien sûr du soleil, des rires et de beaux souvenirs. Mais je te souhaite surtout de trouver, au milieu de l'agitation, quelques instants qui n'appartiennent qu'à toi.

 

Quelques minutes de présence.

Quelques minutes de calme.

Quelques minutes pour revenir à l'essentiel : toi -même.

 

Car le soin de soi ne commence pas lorsque tout est terminé. Il commence dans ces quelques minutes que l'on décide enfin de s'accorder.

 



Ces gestes ne changent pas le monde.


Ils changent notre manière de l'habiter.


 
 
 

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